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L’agrile du frêne, un fléau à Montréal

Nomenclature de l’agrile du frêne

  • Agrilus planipennis
  • Famille des Buprestidae
  • Couleur : vert métallique
  • Longueur : 10-13 mm
  • Coléoptère ravageur des frênes

Agrile du Frêne

Bien que tout petit, l’agrile du frêne (ou AF) fait pourtant de gros ravages à Montréal. Ce coléoptère vert envahissant attaque et tue les frênes en quelques années.
A l’instar des punaises de lit, les agriles ont été transportés dans les bagages, les transports aériens, les trains…

Originaire d’Asie, l’agrile s’est propagé au Canada en 2002 et au Québec en 2008. Plus de 200.000 frênes publics sont menacés d’être détruits par l’insecte d’ici une quinzaine d’années, ce qui provoquera alors de grands dégâts économiques et écologiques.

Ce fléau est si grave que l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a émis des règlements drastiques afin de sauvegarder les frênes.

Mais il faut savoir que ce n’est pas l’insecte mais surtout la larve blanche de l’agrile qui fait des ravages en se nourrissant du phloème (sève) des arbres. Ces larves voraces creusent des galeries et coupent le système nutritif et l’apport en eau de l’arbre entraînant son dépérissement et sa mort.

Pour savoir comment lutter contre l’agrile il faut d’abord connaître la vie de ces insectes.

Mode de vie de l’agrile du frêne

Les femelles pondent entre 30 et 60 œufs sous l’écorce ou dans les fissures des troncs d’arbres. Les œufs éclosent après 2 à 3 semaines et donnent des larves qui creusent des tunnels dans les frênes jusqu’au phloème. Les larves se nourrissent de cette sève et causent alors de graves dommages aux frênes. Quatre formes larvaires se succèdent au cours de l’été, et au printemps la larve se transforme en nymphe (stade de nymphose) puis en adulte. Les agriles adultes sortent vers mai en creusant des trous en forme de D dans l’écorce très reconnaissables (2-3 mm de diamètre), se nourrissent des feuilles, s’accouplent, pondent des œufs et meurent 2 semaines après.

 

larve de l agrile du frêne
La larve de l’agrile du frêne

Quelles sont les espèces d’arbres attaquées ?

L’agrile du frêne infeste principalement quatre espèces :

  1. le frêne noir (Fraxinus nigra)
  2. le frêne vert (Fraxinus pennsylvanica)
  3. le frêne blanc (Fraxinus americana)
  4. et le frêne bleu (Fraxinus quadrangulata)

Des études ont montré que les frênes verts sont davantage infestés par l’agrile du frêne que les frênes blancs et bleus.
L’agrile du frêne est très difficile à détecter car les symptômes se trouvent à l’intérieur de l’arbre. Les premiers signes sont des fissures dans l’écorce et de petits trous de sortie en forme de « D » sur l’écorce. Les branches meurent et les feuilles jaunissent, fanent et tombent. La mort de l’arbre infesté intervient un à deux ans après le début de l’infestation chez les petits arbres et 3 à 5 ans chez les gros arbres en meilleure santé.

Montréal dévasté par l’agrile

Plus de 18.000 arbres ont été traités et 4000 ont été abattus en 2015 à Montréal. La Ville a également planté ou financé la plantation de 22.000 arbres. Les frênes sont très importants pour le commerce forestier et les activités horticoles, mais fournissent aussi de la nourriture, une protection et un habitat à diverses espèces animales. Leur destruction a donc un impact sur la dynamique forestière, la biodiversité et l’écosystème.

Le journaliste canadien François Cormier fait le point sur les ravages de l’agrile
La Ville de Montréal consacre 18 millions de dollars cette année afin de lutter contre l’agrile du frêne qui a infesté des dizaines de milliers d’arbres en Amérique du Nord.

Une situation sous contrôle sur le Mont-Royal

Le Conseil régional de l’environnement réclame plus d’interventions sur le Mont-Royal. L’Université de Montréal vient d’y abattre 200 frênes infestés sur ses terrains. La Ville en a abattu 13 l’an dernier. Or, il y a 27 000 frênes sur le Mont-Royal, soit le quart des arbres. Seulement une centaine ont été dépistés contre l’agrile.

Les solutions contre l’agrile

  • La lutte biologique

Il existe 3 espèces de guêpes parasitoides asiatiques (Spathius agrili, Tetrastichus planipennisi, Oobius agrili) qui ont démontré leur efficacité contre l’agrile. Ces guêpes pondent des oeufs dans les larves d’agriles et s’en nourrissent. Des oiseaux tels que le pic bois sont également considérés comme des prédateur de l’AF. Toutefois, ces solutions ne permettent pas d’éradiquer complètement l’agrile du frêne.

  • La lutte chimique

Cette solution implique l’utilisation de plusieurs insecticides composés d’imidaclopride ou de benzoate d’émamectine à appliquer au niveau du sol, des racines, injectés dans les troncs des arbres ou pulvérisés sur les feuilles. Toutefois les insecticides ne sont pas les meilleures solutions car on connaît peu les effets nuisibles sur l’environnement ou sur les autres insectes.

Afin de contrôler les populations d’agrile du frêne, il est préférable d’éviter le transport et les coupes trop importantes de frênes afin d’éviter la propagation de l’infestation.

identifier agrile du frêne
Image: https://www.ville.boisbriand.qc.ca/services-aux-citoyens/environnement/agrile-du-frene.html

 

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