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Les rongeurs, milieu et comportement

Les rongeurs ont une fonction très précise dans le cycle naturel. Ils font souvent peur, mais leur mode de vie est complexe et fascinant à observer. Voici quelques informations intéressantes que l’expert en animal rongeur vous précise…

rongeurs communs

Les espèces de rongeurs

Les rongeurs ont colonisé toutes les régions du globe (à l’exception des zones antarctiques) et se sont admirablement adaptés aux caractéristiques physiques et climatiques des milieux les plus divers. Certains rongeurs mènent une vie essentiellement aquatique, d’autres subsistent dans les déserts, d’autres encore se sont acclimatés à la haute montagne.

Dans certaines parties du monde (par exemple en Australie), les rongeurs ont été introduits comme «passagers clandestins» à bord des navires qui amenaient les colons européens.
Si l’on considère les rongeurs dans leur ensemble, on constate un nombre très élevé d’espèces différentes ; et pourtant ils se ressemblent tous, qu’il s’agisse des dimensions ou de la morphologie, laquelle est simple et généralement peu spécialisée.

La seule particularité importante qui sert à distinguer les groupes est la denture.

Le grand nombre des espèces de rongeurs est dû au fait que la moindre variante du modèle de base de la niche écologique a entraîné automatiquement la différenciation des espèces. Par exemple, dans les forêts très denses, la sélection a favorisé la survie des espèces dotées d’un patagium, comme les chauve-souris, qui leur sert à « voler » d’un arbre à l’autre-, en revanche, dans les steppes où les arbres sont très rares, le moyen de locomotion le mieux adapté est le saut.

Mode de vie

Parmi les mammifères, les rongeurs constituent le groupe que l’on peut considérer comme le plus favorisé actuellement, car leur structure n’était pas spécialisée dès l’origine : elle a dû se modeler selon les genres de vie les plus divers, sans pour autant parvenir à un degré de complexité trop élevé.

Dans l’économie de la nature, chaque groupe animal possède une fonction précise, quelle que soit la taille de ses représentants. Aucun n’est inutile : les rongeurs, certes, sont des consommateurs et des destructeurs de végétaux; mais en même temps, ce sont les proies des autres animaux plus gros qu’eux.

Pourvus d’incisives à croissance continue, ils passent la majeure partie de leur vie à ronger, à creuser le terrain, à couper les racines et les herbes. C’est ainsi, en effet, qu’ils peuvent accumuler des quantités suffisantes de nourriture.

Nourriture des rongeurs

Ils triturent la nourriture avec leurs molaires. Puis c’est la phase de digestion qui commence, relativement difficile parce que les mammifères herbivores ne sont pas en mesure d’assimiler les longues molécules de la cellulose, constituant principal des plantes.

Mais ils bénéficient de la présence de bactéries, qui, au cours des millions d’années de l’évolution des espèces, se sont installées de façon permanente dans l’appareil digestif.

En échange des services qu’elles rendent, elles profitent des substances nutritives et d’un milieu favorable à leur existence. Les rongeurs entretiennent des bactéries dans une portion de l’intestin, le cæcum.

Font exception à cette règle les rongeurs appartenant à la famille des Gliridés, qui se nourrissent surtout de graines, dont les constituants principaux sont l’amidon, des graisses et quelques protéines. Dans le cæcum, la cellulose est divisée et réduite en petits fragments. Par la suite, elle n’est pas absorbée, mais expulsée.

Or, dans la nature, rien ne se perd : ces fèces seront ré-ingérées, puis digérées et assimilées dans la première partie de l’intestin ; seules les parties les plus indigestes formeront les excréments. C’est sur ce modèle que fonctionne le tube digestif des lièvres et des lapins, qui par ailleurs ne sont pas des rongeurs au sens strict.

La léthargie

Lorsque l’animal vit dans une région où, en plus des conditions climatiques rigoureuses, il subit un régime alimentaire à l’abondance très variable, les difficultés auxquelles il se trouve confronté seront de deux ordres :

  •  il manquera de la nourriture nécessaire pour subvenir à ses besoins essentiels
  •  il devra se priver de la nourriture qui lui permettrait d’entretenir une température corporelle de 37°C.

On assiste alors chez certains rongeurs à une modification profonde des mécanismes physiologiques.

La température se règle sur un niveau de 5 à 7°C, ce qui exclut toute activité physique : les animaux tombent dans une sorte de sommeil forcé, la léthargie hivernale, ou hibernation, qui dure jusqu’à ce que les conditions externes permettent de nouveau le déploiement d’une activité normale.

Les terriers des marmottes ont une structure complexe, avec des galeries principales et secondaires, des locaux de dégagement, des chambres de stockage, etc.

Avant d’entamer sa période de léthargie hivernale, la Marmotte transporte dans une chambre spéciale de sa tanière d’énormes quantités de foin ou d’un autre matériau végétal pour garnir les parois, puis elle bouche l’entrée avec des pierres et de la terre. Elle se roule alors en boule à côté de ses petits (à droite) et passe tout l’hiver à dormir pour ne se réveiller qu’au printemps suivant.

De l’importance des sens selon le comportement

La plupart des rongeurs sont actifs essentiellement durant la nuit. C’est pourquoi, pour fuir les prédateurs toujours aux aguets, ils ont spécialement développé leurs facultés auditives et olfactives. Cette plus grande acuité des sens ne leur permet pas, certes, d’échapper à leurs ennemis naturels, mais elle maintient leur intervention dans des limites compatibles avec l’équilibre naturel du milieu.

Parmi les rongeurs qui possèdent une ouïe particulièrement développée, il convient de citer le loir. Lorsqu’il perçoit un bruit, il déplace ses oreilles en avant et en arrière selon un rythme rapide – environ deux fois par seconde. Les lièvres (groupe des Duplicidentés, ordre des Lagomorphes actuellement) sont eux aussi en mesure de percevoir les bruits les plus légers et d’en repérer la source.

C’est pour cette raison que l’animal tient la plupart du temps ses oreilles bien dressées à la verticale.

Le petit campagnol des champs ou rat des champs

Il est extrêmement attentif à la moindre manifestation bruyante. Effrayé, il s’enfuit immédiatement dans son terrier. Il existe ensuite des rongeurs qui non seulement perçoivent très bien les sons, mais sont en outre sensibles aux ultrasons, c’est-à-dire aux sons de haute fréquence que l’oreille humaine ne peut capter. Les rats, le cobaye, le hamster, les mulots utilisent cette faculté pour s’enfuir à temps à la moindre menace.

campagnol

La marmotte, attentive, dressée sur ses pattes arrière dans sa posture si caractéristique, lance une série de sifflements qui avertissent ses congénères d’un danger quelconque et maintiennent le contact entre les membres de la colonie, ou marquent le début d’un affrontement entre deux animaux rivaux au cours d’un duel.

Le sifflement est émis bouche ouverte et il semble qu’il provienne de la gorge.

Le sens dominant chez le mulot sylvestre est en revanche l’odorat. Avant de sortir de leur terrier pour aller en quête de nourriture, ils flairent l’air ambiant.

Le Surmulot se sert également beaucoup de son odorat et les différents membres d’une communauté de rats gris se reconnaissent olfactivement.

Les caractéristiques des rongeurs

Chez les rongeurs qui vivent à l’air libre en pleine nature, la vue joue un rôle plus important. En revanche, les yeux sont très petits, parfois recouverts d’une membrane de protection, et donc pratiquement sans utilité, chez les espèces que caractérise une existence essentiellement souterraine.

Les marmottes, dont les yeux sont disposés latéralement, sont en mesure de surveiller facilement leur territoire. Certains montagnards soutiennent qu’elles peuvent même voir par temps de brouillard ou lorsqu’il neige à gros flocons.

En outre, la marmotte possède une excellente mémoire visuelle : elle photographie pour ainsi dire le paysage et relève la plus infime modification de son environnement, ce qui la rend très farouche et méfiante.

L’écureuil a une vue assez perçante, qui lui permet de distinguer les objets et d’évaluer à quelle distance ils sont placés. Mais il perçoit mal les couleurs.

Les espèces aux mœurs nocturnes ou crépusculaires

Elles ont de très grands yeux largement ouverts, ce qui leur confère une physionomie caractéristique et doivent exploiter au maximum les ressources du faible éclairage au moment de la journée qui correspond pour eux à la période de plus grande activité.

Enfin, parmi les rongeurs qui ont un sens du toucher très développé, il faut de nouveau citer le loir. Cet animal est doté de vibrisses, longs poils pouvant atteindre 6 centimètres, et de divers organes tactiles, répartis sur le museau et sur les pattes.

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